Les kanji (漢字) sont sans doute ce qui impressionne le plus quand on débute en japonais. Contrairement aux hiragana et katakana, qui sont des syllabaires simples à mémoriser, les kanji sont des idéogrammes d'origine chinoise, porteurs de sens, et surtout capables de se lire de plusieurs façons différentes selon le contexte.
C'est justement cette particularité, les fameuses lectures on-yomi et kun-yomi, qui donne le plus de fil à retordre aux débutants. Dans ce guide, je vous explique simplement comment elles fonctionnent, avec des exemples concrets, pour que vous abordiez l'apprentissage des kanji sans vous perdre.
Qu'est-ce qu'un kanji ?
Un kanji est un caractère d'origine chinoise, utilisé pour représenter une idée ou un concept, contrairement aux hiragana et katakana qui ne représentent qu'un son. Un même kanji peut porter plusieurs sens proches, et surtout se prononcer différemment selon le mot dans lequel il apparaît.
Par exemple, le kanji 山 signifie « montagne » et peut se lire yama ou san, selon le contexte. C'est cette double vie, une écriture, plusieurs prononciations possibles, qu'il faut comprendre pour progresser sereinement.
La lecture on-yomi
D'où vient l'on-yomi ?
L'on-yomi est la lecture d'origine chinoise. Elle provient de la phonétique chinoise, de formes anciennes du mandarin, langue aujourd'hui officielle en République populaire de Chine et en République de Chine, ou d'autres langues chinoises, comme le wu. Certains kanji ont ainsi une, voire deux lectures on-yomi, correspondant chacune à une prononciation venue d'une région différente de Chine. On distingue 4 grandes familles de lectures on-yomi : go-on, kan-on, tô-on et kan'yô-on.
Rassurez-vous, il n'est pas nécessaire de retenir cette classification pour progresser : elle explique simplement pourquoi certains kanji ont plusieurs lectures on-yomi.
Comment fonctionne l'on-yomi
Point essentiel à retenir : une lecture on-yomi ne s'utilise jamais seule. Elle a besoin d'être associée à une (ou plusieurs) autres lectures on-yomi pour former un mot japonais.
Exemple concret :
- 1ère lecture on-yomi : 電 (den)
- 2ème lecture on-yomi : 車 (sha)
- En assemblant les deux : 電車 (densha), qui signifie « train »
La meilleure façon de retenir les lectures on-yomi n'est pas de les apprendre isolément, kanji par kanji, il y en a beaucoup trop, et vous finiriez par tout mélanger. La bonne méthode consiste à apprendre du vocabulaire : en écrivant et en utilisant régulièrement des mots japonais, vous mémorisez naturellement leurs lectures on-yomi, mot après mot.
La lecture kun-yomi
La lecture kun-yomi, elle, est la lecture d'origine japonaise. Contrairement à l'on-yomi, un mot n'a généralement besoin que d'une seule lecture kun-yomi pour être formé.
Exemple : le mot « voiture » a pour seule lecture kun-yomi kuruma (くるま).
Comme pour l'on-yomi, la meilleure façon de retenir les lectures kun-yomi est d'apprendre du vocabulaire concret plutôt que des lectures isolées. C'est en écrivant régulièrement des mots que les différentes lectures des kanji s'ancrent dans la mémoire.
Comment savoir quelle lecture utiliser ?
Il n'existe pas de règle stricte à 100 %, mais une tendance générale utile à connaître :
- L'on-yomi est généralement utilisée quand un kanji est associé à un autre kanji, pour former un mot composé (comme 電車, densha).
- Le kun-yomi est généralement utilisée quand un kanji est utilisé seul, souvent accompagné de hiragana.
Encore une fois, il existe des exceptions, mais garder ce repère en tête vous aidera déjà à mieux vous orienter.
Combien de kanji faut-il apprendre ?
Il existe plusieurs milliers de kanji, mais rassurez-vous : vous n'avez pas besoin de tous les connaître. Pour lire la plupart des textes courants, il est recommandé d'en maîtriser environ 2 000, un chiffre confirmé par le ministère de l'Éducation japonais, qui correspond au niveau JLPT N2.
Le JLPT (Japanese Language Proficiency Test), l'examen de référence pour certifier son niveau de japonais, est un excellent repère pour structurer votre apprentissage, du plus simple (N5, une centaine de kanji) au plus avancé (N1, environ 2 000 kanji). Pour un usage touristique, une centaine de kanji suffit déjà à bien se débrouiller ; pour vivre sur place, viser le millier est un bon objectif intermédiaire.
Par où commencer ?
Pour débuter concrètement, je vous recommande de suivre une progression par niveau JLPT, en apprenant chaque kanji en contexte, dans un mot, plutôt qu'isolément :
- Le niveau débutant, pour poser les bases : apprendre les kanji du JLPT N5
- Pour poursuivre votre progression : apprendre les kanji du JLPT N4
Et pour revenir à une vue d'ensemble des systèmes d'écriture japonais (hiragana, katakana, rÖmaji), direction mon guide des bases du japonais.
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